Interview Sportives Ardéchoises #3 – Dominique COSTE

NOM : COSTE

Prénom : Dominique

SPORT : Lutte / Lutte Sambo

1. Présentez-vous en quelques phrases

Née à Aubenas (07), j’ai 57 ans et suis maman d’un fils de 29 ans. Retraitée depuis 5 ans, je suis revenue en Ardèche en raison d’un choix de vie personnelle. Depuis, au titre de bénévole, je me suis investie dans différents domaines dont celui du sport.
Licenciée auprès du club de Lutte de Cruas, j’y assure les fonctions de secrétaire et d’éducatrice pour les cours de baby-Lutte, les écoles de Lutte et de Lutte Sambo. Je suis en charge de la section compétiteurs Lutte Sambo.
J’assure également la fonction de présidente du Comité Départemental Olympique et Sportif de l’Ardèche (07) depuis 2017.

2. Pourquoi avez-vous choisi cette discipline ?

Mes deux jeunes frères pratiquaient cette discipline. En assistant à leurs cours, j’ai été tentée d’essayer, même si j’étais la seule fille dans le club, ce qui n’était pas un problème au demeurant. De plus, cela me permettait de pratiquer un sport avec mes frères… ce qui était particulièrement sympa.
La technicité, la puissance, la rapidité, la souplesse, la stratégie (qui sont des qualités d’un lutteur) semblaient correspondre en partie à ce que j’étais, et par la pratique de la discipline je souhaitais les renforcer.

3. Avez-vous rencontré des freins pour vous intégrer en tant que femme dans votre sport ? Si oui, comment les avez-vous surmontés ?

Je n’ai rencontré aucun frein pour m’intégrer dans les 2 clubs où j’ai été licenciée : Flaviac et Cruas.
Seuls les regards ou des réflexions de tiers qui avaient et/ou ont une image réductrice de ce que peut être une femme qui pratique la discipline. L’image d’un garçon manqué, d’une fille peu féminine,… des aprioris d’un autre temps où un sport correspond à un type de femme. Cela m’a toujours fait sourire… en ce qui me concerne, j’ai toujours ignoré ces regards et réflexions.
D’ailleurs, j’ai retrouvé cet apriori lorsque nous avons organisé les Championnats de France de Lutte Féminine à Le Pouzin en 2019. Certains (mais surtout certaines) ont été surpris de voir des filles combattre avec puissance et stratégie et de les voir ensuite en dehors des tapis féminines, élégantes, maquillées pour certaines, bref… des filles de la vie quotidienne.
Ce n’est pas parce que nous sommes lutteuses que nous allons être identifiées dans la rue en raison d’un physique. Et bien, non !!!

4. Quel est votre résultat sportif qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?

Mon premier titre de Championne de France de Lutte Sambo obtenu le jour de mon anniversaire. Premier titre national de Lutte féminine pour le territoire ardéchois.
Mes parents m’avaient offert un cadeau que j’ai toujours conservé précieusement en souvenir et que je porte régulièrement. Mon père était particulièrement fier de moi.
Mon club m’avait offert une veste de Sambo (kurka) pour me récompenser de ce titre. Il s’agit de la veste que j’utilise lors des entrainements des compétiteurs : certes vieille et défraichie, mais elle m’accompagne… comme une vieille amie.

5. Selon vous, de quelle façon la discrimination peut-elle se manifester dans le sport ?

La discrimination peut se manifester dans le sport sous toutes ses formes : verbales, physiques et psychologiques. C’est cette dernière qui est certainement la plus pernicieuse et silencieuse et qui aboutit à des dérives en tous genres.
A mon niveau, je lutte (quel jeu de mot !) contre toutes les formes de violences dans le sport. Zéro tolérance pour les violences comme le prône la campagne du ministère chargé des sports #TousConcernés.

6. En tant que femme, avez-vous déjà été victime d'une quelconque discrimination au sein de votre pratique sportive ? Si oui, comment avez-vous réagi face à cette discrimination ?

Je n’ai jamais été victime d’une quelconque discrimination au sein de ma pratique sportive.
Comme je ne suis pas de nature à me laisser impressionner ou dicter ma conduite, j’aurais tout mis en œuvre pour lutter contre. Dotée d’un esprit combattant et à défaut d’y arriver seule, j’en aurais parlé autour de moi afin de trouver une solution et d’employer tous les moyens légaux pour y mettre fin.

7. Que pensez-vous de la médiatisation du sport féminin ?

Le sport féminin est beaucoup trop peu médiatisé. Seules certaines disciplines sont régulièrement programmées dans les médias à mon grand regret, réduisant ainsi le champ des sports pratiqués par les femmes.
Nous sommes en présence d’un lobbying contre lequel une politique offensive doit être menée par tous et à tous les niveaux pour un changement radical. Néanmoins, je suis très réaliste : c’est un travail de longue haleine qui doit contribuer, à terme, à changer les mentalités, à modifier le regard des hommes et des femmes, et donner enfin sa vraie place au sport féminin.

8. Le mot de la fin :

Le respect, l’humilité, la franchise, la sincérité, la générosité, le courage, la maîtrise, la politesse, le contrôle de soi, l’amitié, le discernement, l’honnêteté,… sont autant de valeurs portées par la Lutte que je porte dans ma vie de femme. Ce sont de vraies valeurs qui sont indispensables pour rester au contact de la réalité, des autres et de rester soi-même.

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NOM : COSTE

Prénom : Dominique

SPORT : Lutte / Lutte Sambo

1. Présentez-vous en quelques phrases

Née à Aubenas (07), j’ai 57 ans et suis maman d’un fils de 29 ans. Retraitée depuis 5 ans, je suis revenue en Ardèche en raison d’un choix de vie personnelle. Depuis, au titre de bénévole, je me suis investie dans différents domaines dont celui du sport.
Licenciée auprès du club de Lutte de Cruas, j’y assure les fonctions de secrétaire et d’éducatrice pour les cours de baby-Lutte, les écoles de Lutte et de Lutte Sambo. Je suis en charge de la section compétiteurs Lutte Sambo.
J’assure également la fonction de présidente du Comité Départemental Olympique et Sportif de l’Ardèche (07) depuis 2017.

2. Pourquoi avez-vous choisi cette discipline ?

Mes deux jeunes frères pratiquaient cette discipline. En assistant à leurs cours, j’ai été tentée d’essayer, même si j’étais la seule fille dans le club, ce qui n’était pas un problème au demeurant. De plus, cela me permettait de pratiquer un sport avec mes frères… ce qui était particulièrement sympa.
La technicité, la puissance, la rapidité, la souplesse, la stratégie (qui sont des qualités d’un lutteur) semblaient correspondre en partie à ce que j’étais, et par la pratique de la discipline je souhaitais les renforcer.

3. Avez-vous rencontré des freins pour vous intégrer en tant que femme dans votre sport ? Si oui, comment les avez-vous surmontés ?

Je n’ai rencontré aucun frein pour m’intégrer dans les 2 clubs où j’ai été licenciée : Flaviac et Cruas.
Seuls les regards ou des réflexions de tiers qui avaient et/ou ont une image réductrice de ce que peut être une femme qui pratique la discipline. L’image d’un garçon manqué, d’une fille peu féminine,… des aprioris d’un autre temps où un sport correspond à un type de femme. Cela m’a toujours fait sourire… en ce qui me concerne, j’ai toujours ignoré ces regards et réflexions.
D’ailleurs, j’ai retrouvé cet apriori lorsque nous avons organisé les Championnats de France de Lutte Féminine à Le Pouzin en 2019. Certains (mais surtout certaines) ont été surpris de voir des filles combattre avec puissance et stratégie et de les voir ensuite en dehors des tapis féminines, élégantes, maquillées pour certaines, bref… des filles de la vie quotidienne.
Ce n’est pas parce que nous sommes lutteuses que nous allons être identifiées dans la rue en raison d’un physique. Et bien, non !!!

4. Quel est votre résultat sportif qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?

Mon premier titre de Championne de France de Lutte Sambo obtenu le jour de mon anniversaire. Premier titre national de Lutte féminine pour le territoire ardéchois.
Mes parents m’avaient offert un cadeau que j’ai toujours conservé précieusement en souvenir et que je porte régulièrement. Mon père était particulièrement fier de moi.
Mon club m’avait offert une veste de Sambo (kurka) pour me récompenser de ce titre. Il s’agit de la veste que j’utilise lors des entrainements des compétiteurs : certes vieille et défraichie, mais elle m’accompagne… comme une vieille amie.

5. Selon vous, de quelle façon la discrimination peut-elle se manifester dans le sport ?

La discrimination peut se manifester dans le sport sous toutes ses formes : verbales, physiques et psychologiques. C’est cette dernière qui est certainement la plus pernicieuse et silencieuse et qui aboutit à des dérives en tous genres.
A mon niveau, je lutte (quel jeu de mot !) contre toutes les formes de violences dans le sport. Zéro tolérance pour les violences comme le prône la campagne du ministère chargé des sports #TousConcernés.

6. En tant que femme, avez-vous déjà été victime d'une quelconque discrimination au sein de votre pratique sportive ? Si oui, comment avez-vous réagi face à cette discrimination ?

Je n’ai jamais été victime d’une quelconque discrimination au sein de ma pratique sportive.
Comme je ne suis pas de nature à me laisser impressionner ou dicter ma conduite, j’aurais tout mis en œuvre pour lutter contre. Dotée d’un esprit combattant et à défaut d’y arriver seule, j’en aurais parlé autour de moi afin de trouver une solution et d’employer tous les moyens légaux pour y mettre fin.

7. Que pensez-vous de la médiatisation du sport féminin ?

Le sport féminin est beaucoup trop peu médiatisé. Seules certaines disciplines sont régulièrement programmées dans les médias à mon grand regret, réduisant ainsi le champ des sports pratiqués par les femmes.
Nous sommes en présence d’un lobbying contre lequel une politique offensive doit être menée par tous et à tous les niveaux pour un changement radical. Néanmoins, je suis très réaliste : c’est un travail de longue haleine qui doit contribuer, à terme, à changer les mentalités, à modifier le regard des hommes et des femmes, et donner enfin sa vraie place au sport féminin.

8. Le mot de la fin :

Le respect, l’humilité, la franchise, la sincérité, la générosité, le courage, la maîtrise, la politesse, le contrôle de soi, l’amitié, le discernement, l’honnêteté,… sont autant de valeurs portées par la Lutte que je porte dans ma vie de femme. Ce sont de vraies valeurs qui sont indispensables pour rester au contact de la réalité, des autres et de rester soi-même.